William Wilkie Collins (08/01/1824 - 23/09/1889) était un écrivain britannique de l'époque victorienne, contemporain et ami de Charles Dickens.

LE précurseur du roman policier et du roman à suspense qui a inspiré nombre de ses contemporains et jusqu'à aujourd'hui (Sarah Waters par exemple pour Fingersmith). Il écrit aussi avec perspicacité une critique sociale et conjugale des femmes de son époque.


 

Marie-Elizabeth Braddon (04/10/1835 - 04/02/1915) est la première femme a avoir écrit un "detective novel" en 1862 : ce fût "Lady Audley's secret" qui lui assura gloire et fortune.. et qui est encore ré-édité de nos jours.. 

 

Elle choqua en son temps les ligues de vertu qui l’accusèrent d’avoir créé dans ce texte le plus terrible démon blond de la littérature moderne, et fut accusée de pervertir l’esprit des jeunes générations. » 

elle publiera plus de 80 romans ! dont Lady Audley's secret qui est le plus connu, et est un classique du genre.. 


The women in white - La dame en blanc

 

Comment définir ce petit bijou qu’est « la dame en blanc » ? d’abord et avant tout je dois dire qu’il s’agit d’une littérature « classique » : ce n’est pas du tout péjoratif, l’écriture est élégante et raffinée, un peu désuète mais tellement délicieuse ;  il suffit de vous rappeler la première fois que vous avez pénétré dans la galerie des Glaces à Versailles mais aussi la première fois que vous êtes rentré dans le Hameau de la Reine : les 2 sont de divins émerveillements mais ne « titillent » pas les mêmes papilles : et bien c’est un peu ça « la dame en blanc » : un « genre » à part et à part entière, le premier thriller moderne, la « crème de la crème », écrit au XIXème siècle par un auteur aussi connu outre manche que Dickens lui-même. Voilà pour le « cadrage » qu’il était utile de préciser pour savoir qu’on ne va pas lire du Anne Perry (ce n’est PAS péjoratif non plus)

Maintenant, et s’agissant du « décor », pas de surprise : c’est l’Angleterre du XIXème, de belles demeures perdues dans une nature bucolique et romanesque, ou vivent de riches héritières en robes de soie courtisées par des Gentlemans pas toujours très honnêtes. Des personnages qui parlent au lecteur et racontent leur histoire chacun à son tour, des amours socialement interdits, une légère ambiguïté dans les relations féminines, des complots, des mystères, des labyrinthes, des plans machiavéliques …

Heummm… ça ne vous rappelle rien ?? et ben moi ça m’a fait carrément tomber de ma chaise (euh.. plutôt de mon relax.. ben quoi, j’étais en vacances..)  : Sarah Waters n’a rien inventé ! tout est là, déjà, 200 ans avant Fingersmith.. ah ! et bien il faut reconnaître que Sarah est encore plus brillante que je ne pensais..

Bref, quoiqu’il en soit, et si vous avez adoooré Fingersmith, vous ne serez qu’à moitié surprise par les rebondissements en tous genres, et les peaux de bananes que W.Collins nous glisse sous les mots, mais par contre je suis sure qu’une angoisse délicieuse va quand même vous prendre au cœur par surprise : et ça c’est bien le signe qui ne trompe pas..

Une des perles de ce roman pour moi réside aussi dans le talent de l’auteur à s’approprier les personnages féminins, et notamment celui de Marian pour dépeindre une femme moderne, indépendante, charismatique et passionnée : je reste admirative et surprise par la justesse du portrait sachant que c’est bien un homme du XIX siècle qui a écrit.

Il est difficile de faire un résumé de ce livre sans en dire trop et par conséquent sans gâcher un peu le plaisir de la lecture, alors, allez y sans hésitation, je peux vous dire qu’après des heures suspendu aux pages comme un sac plastique à sa branche : vous ne le regretterez pas !

The moonstone - La pierre de lune

 

Une maison de campagne d’une famille victorienne respectable dans le Yorkshire. Un mystère qui vient tout à coup semer le trouble dans ce beau monde bourgeois et guindé : la disparition, d’une pierre précieuse, objet mythique et mystérieux, transporté d’Orient par un oncle voyageur et légué à sa nièce en guise d’héritage pour son anniversaire ; son nom : la pierre de lune. Une enquête à plusieurs mains commence, basée sur les récits de plusieurs protagonistes, chacun racontant, non pas sa version des faits, mais les souvenirs qu’il/elle a gardé des évènements survenus au moment des faits, afin d’essayer de trouver une explication à ce vol, et de démasquer le coupable. Voilà les ingrédients d’un roman à suspense, magistralement mené.

 

<< Là, sur un trône, assis sur sa symbolique antilope, ses quatre bras étendus vers les quatre coins de la terre, plus haut que nous, sombre et terrible dans la clarté mystérieuse du ciel , se tenait le Dieu de la lune. Et sur le front de la divinité resplendissait le diamant jaune, dont j’avais, un soir, en Angleterre, admiré la splendeur au corsage d’une femme.>>

 

Ni meurtre ni sang, ni torture ni cadavre.. une simple énigme, un grand Cluedo pour retrouver un voleur et son butin ; mais il n’y aurait que 2 joueurs : l’instigateur de l’énigme, constructeur du labyrinthe, et un joueur détective.

Le premier charme de ce roman c’est qu’on a tout de suite l’impression que les personnages nous tirent par les pieds ou dans les pages ; ils racontent leur souvenir de l’évènement, et s’adresse directement au lecteur ; chacun est représentatif d’une classe sociale, et chacun très caractéristique de cette époque victorienne ; c’est amusant parce qu’on accompagne tour à tour : un vieil intendant philosophe dont le livre de chevet est Robinson Crusoé, une vieille dame bigote qui tente de convertir sa famille entière, un notaire prêteur sur gage, l’assistant d’un médecin qui a perdu la mémoire.. toute une pléthore de gens qui sèment leurs petits cailloux pour mieux nous embrouiller l’esprit !! parce qu’il s’agit bien d’un labyrinthe parfaitement conçu. Mais comme c’est délicieux ! et palpitant.. je n’ai pas lâché le bouquin et jusqu’à la dernière page ; parce que bien sur, il n’est pas né celui qui aura trouvé la solution de l’énigme avant !! C’est sûr !

Ce que j’ai aussi beaucoup apprécié c’est l’écriture, très classique, très XVIIIe ; c’est comme un bain de jouvence qu’on n’attendait pas, une sensation qu’on a oubliée, surprenante, curieuse.. la simplicité des belles phrases classiques..

Encore un autre charme de ce roman vraiment particulier…

Pas d’hésitation ! plongez !!

 


 

Lady Audley's secret - Le secret de Lady Audley

 

 

 

En Angleterre, pas de mystère sans château et pas de château sans Lady ni secret

Lucy Graham est une ravissante jeune femme dont la beauté et l’'humilité ont subjugué le riche Lord Audley, de 20 ans son aîné, qui en a fait, avec son consentement, sa seconde épouse. Elle devient alors la respectable Lady du châteaux d’Audley, et démarre alors une nouvelle vie fastueuse, bien éloignée de la vie pauvre et ingrate qu’elle avait semblé mener jusqu’à cette rencontre.

Tout bascule lorsque Robert Audley, neveu du Lord, qui profite d’un séjour dans la région pour passer faire une visite à son oncle en compagnie de son ami George Talboys, doit faire face à la soudaine disparition de celui-ci, dans des circonstances pour le moins bizarres qui semblent avoir un lien avec sa jeune et envoûtante tante. Robert va alors commencer sa propre enquête pour comprendre ce qui est arrivé à son ami.

 

Du point de vue d’une lectrice passionnée de littérature anglaise du XIXe siècle, rien de bien choquant dans ces pages, mais un livre absolument délicieux… so British…

Autant le dire tout de suite, le soi disant secret est quasiment révélé (à un détail près) dès le démarrage de l’enquête, et on pressent le dénouement bien avant le final. Mais tout l’art d’Elisabeth Braddon est de tisser un fil d’Ariane pour entraîner le lecteur jusqu’à la dernière page : et ça marche !  l’intrigue foisonne de péripéties, et le puzzle se construit habilement page après page : on ne lâche pas.

Le véritable secret est bien ici un « personnage », inhabituel dans la littérature anglaise, celui d’une femme complexe, d’une intelligence froide et machiavélique, et d’une ambition quasiment énigmatique pour l’époque. D’ailleurs la « folie » est évoquée à de multiples reprises par le personnage lui-même, preuve que l’auteur tente de révéler les destins peu enviables des femmes de l’ère Victorienne qui n’avaient aucun droit à l’identité. Passionnant et cruel.

 

J’ai adoooré et je vous le conseille vivement